SUITE DU JOURNAL DE MARCHE DU 2 GROUPE R.A.C.-A.O.F.
EN TARENTAISE
Il
est des noms qui chantent comme des cloches de pâques, il en est qui embaument.
Pour ce qui est de la Tarentaise il faut savoir comment un hiver froid noir met
l’ accent sur le parfum et la chanson…
Le
8 septembre, la 6e batterie arrivait dans cette fière vallée portée
pour les petits frères, furent immédiatement pris à parti par nos aînés qui
firent en destruction de beau travail. En réponse le 10 septembre, la 6
recevait le baptême du feu.
Dans
tout le secteur des Alpes, tenu par le groupe, l’ennemi a fait quotidiennement
l’ aveu de cette passivité sournoise, et s’ est montré économe de ses
coups. Il tenait le front avec du 150 auto-moteur très mobile et nous cherchait
depuis des positions préparées et à s’ assurait l’ effet de surprise.
Comme sur Cervières, ce jour-là riposte en représailles, éclata sur
Bourg-Saint-Maurice, deux heures après l’ alerte donné
chez l’ ennemi par l’ efficacité de notre tir du matin. Ils avaient
aussi, pour se défiler sur leurs versants, les terribles petits chemins bordés
par des vides lumineux qui attirent, mais il faut leur rendre cette justice, ils
savaient rallier au canon. Donc le 10, les 150 cognent. Où est notre batterie :
à la sortie de bois à l’entrée du bourg ? L’ ennemi essaie sa chance
et la répartit à l’ aveugle. Les obus sifflent et tout à coup c’ est le
chuintement aigu, jusque dans la chair même ; à la gueule des tubes, la
terre soufflée, les cailloux giclent… et ce réseau des cordes d’ acier qui
se rompent ; la harpe des queues de trajectoire. C’est beau.
Les
jeunes tiennent le coup. Il faut aux hommes cette épreuve et s’ être un peu
sentis dans la main de Dieu, petits, si petits, et, dans les minutes terribles,
innocents de leur haine, de leurs passions, de l’ ardeur cruelle de leur sang
épais. Cette terre fouillée où on a creusé des trous d’ hommes, ces pare-éclats
où l’ on a entassé d’ énormes troncs de sapins, nous protègent.
Le
guerre est la plus belle école qui soit pour apprendre au servant de son arme
à n’ être que ce qu’ il est. Aux obscurs, leur crasse. Il suffit de l’
enchantement d’ une heure précieuse pour qu’ elle soit chaude et généreuse.
Il
y aura après cette guerre, c’ est certain, comme après la grande dernière,
toute une littérature de la boue et du cambouis, parce que nombre de gars qui
reviendront chez eux, à la << quille >> comme ils disent, quand ils
revivront leurs souvenirs de guerre, s’ isoleront encore dans cette gangue
magique.
Qui
saurait faire une observation à un de ces mécanos de la C.R. bien à l’ épreuve
de la graisse et oint jusqu’ au derme et qui n’ a pas le temps de nettoyer
autre chose que ses moteurs. Alors… ? Et du canon comme du mack… On va
atteler, la batterie est répétée ; demain dans la cour du fort désarmé
de Vulmix, on connaîtra, l’ acharnement que l’ ennemi dépense pour écraser
l’ ancienne position de batterie.
Le
lieutenant V… qui commandera la batterie jusqu’ en décembre, fait la guerre
de son pas de paysan des plaines d’ Oranie, et trace droit, comme à la
charrue.
L’
observatoire est à 1.600 mètres, au lieu dit Courbaton. Le 26, l’ ennemi le
prend à partie, et les 149 Italiens règlent, assurant la hausse et s’ en
donnent. Une voiture et une pièce de la batterie de 105 voisine sautent, et à
l’ observatoire, tous les appareils sont détruits.
Le
1er octobre, la 6, qui a reçu l’ ordre de s’ enfoncer plus
avant, s’ installe dans la vallée au village de Viclaire.
Les
chiens de garde vont être attachés de court et ne gueuleront que plus fort à
la lune qui nous vient d’ Italie.
L’
ennemi s’ acharne sur Bourg saint-Maurice et fait des morts parmi la
population civile. Des représailles… il les faut immédiatement et efficaces.
Sur le col du Mont, une grande activité vient d’ être signalée :
troupe et travailleurs ennemi. Une pièce est détachée à Sainte-Foy et les
baraques de col sautent en l’ air.
La
montagne d’ hiver est la même partout. On devine sur l’ autre versant, s’
arrachant de son abri enterré, le pointeur qui a regardé sa montre, et tire
ses 10 coups sur Briançon, le Coin ou Bourg Saint-Maurice et l’ observateur
qui guette nos vallées et s’ assure un pic par une ascension de toute une
nuit.
Le
15 octobre, l’ << aspi >> monte avec un radio pour participer à
un raid F.F.I. en Italie. De là-bas, il règlera sur des villages ennemis. Il règlera…
Cela se dit au pied de la montagne et le sommet est à 3.000. On se traîne, on
s’ arrache à la neige, et ce qu’ on abandonne de soi aux haltes qu’
empire le froid terrible, est plus précieux que du sang. En haut, le gars est dépouillé,
vidé jusqu’ au fond de la poitrine ; sous les pieds, la mer de coton,
l’ édredon bourré de nuages. Toute vue interdite… l’ Aspirant H… aura
ajouté 1 mètre 92 à l’ altitude de son piton… Et la descente sera plus pénible
encore que la montée. On remontera demain.
Malheureusement,
on n’ a que des mots pour mettre bout à bout ces << demains >>
d’ un hiver de trois mois. Devant nos fantassins, ceux de coup de main, ceux
qui feront 10 kilomètres en 10 heures pour aller chercher un prisonnier chez
l’ ennemi, ont besoin de cet encagement de fer. Et les 155 y vont avec ardeur :
100 à 200 coups par jour en harcèlement et tirs d’ appui direct.
Et
ainsi jusqu’ au 9 janvier 1945, date à laquelle le groupe qui va se reformer
pour la campagne d’ Alsace, ordonne la relève des canons de Viclaire.
LES
VOSGES
Le
9 janvier, les batterie font mouvement avec point de ralliement Grenoble où le
groupe se reforme, après des étapes de 200 kilomètres. Dans la cour du
quartier de Bonne, on fait les peins. Le départ est pour demain 8 heures. On
fera encore 200 kilomètres dans la journée jusqu’ à Voiteur, près de
Lons-le-Saunier, et à 2h.30 du matin, on reprend la route en direction de Gérardmer.
Ce
sont des étapes du gel et du silence. Les chauffeurs sont pris dans le froid,
comme des blocs, à leur volant.
Arrivée
à 6 heures du matin à Gérardmer, la 5 relève le 1er batterie du
66/R.A.A. tandis que la 4 s’ installe à la Bresse où la 6 viendra la
rejoindre au creux du vallon de la Mosellotte dans un paysage décharné.
Ce
ne sont pas des soldats qui sont passés sur ces villages écrasées, mais des
hordes de bêtes. Tout le val fume encore de l’ explosion gigantesque qui a
jeté les maison, pierre à pierre, dans le ciel noir. Ils ont bourré les caves
d’ explosifs et mis le feu.
Nous
arrivons sous un ciel beau. La montagne courte aux lignes pures, porte les longs
fûts des sapins altiers, si lumineux qu’ en bas, le reflet de cette
majestueuse grandeur, de cet équilibre d’ une nature irréductible, de tout
ce qui refuse glorieusement la guerre et ses ombres terribles, l’ intense
reflet chauffe ces ruines et ces décombres. Des têtes d’ enfants passent aux
soupiraux des caves. Des femmes qui vont sans regarder les gravats et les
cendres, ont de beaux regards Rasé, brûlé, ce village a gardé son âme.
L’
hécatombe de la route de Aasen et tout fer dont nous écraserons sur le Danube
les 2 colonnes de groupes ennemis pour ouvrir le chemin à nos chars, dans le
fer et dans la chair vive, paieront-ils assez
la détresse de ces fiers villages de France.
Les
moindres chemin sont truffés de mines ; Dans cette zone qui donne peu de
choix pour l’ emplacement des batteries, l’ ennemi nous a laissé des
terrains bien préparés pour nous recevoir. Sur le bas côté de la route où
la colonne de la 4 a ouvert la neige, la jeep qui conduit les tracteurs de la 6,
saute sur une mine. Il retombe des morceaux de voiture, et les passagers… dans
leur entier.
Le
groupe tire sur le col de la Schlucht, sur Montaley, les abris de Rottenbach, détruit
la ferme de Hus, prend à partie des batteries ennemis qui se révèlent par
leur feu et harcèlent nos fantassins de couverture ainsi que nos observatoires
avancés. Celui de la 5 est soumis chaque jour, avec une fréquence et une
intensité étonnante, à des bombardements de mortiers d’ une rare précision.
Le
14 le maréchal des logis L… observateur de la batterie, redescend après une
dure journée, et le lendemain, avec son bel entrain, et cet allant qui le
poussait à chercher toujours sa place aux poste les plus périlleux, il y
montera à nouveau pour trouver une mort dont il était digne. Dessinateur de
talent, il n’ aura pas vu l’ exécution d’ après la maquette qu’ il
avait donné de l’ insigne du groupe : l’ éléphant dans sa roue, et
bleu, blanc, rouge… rouge de sang.
A
la visite qu’il nous fait, le Médecin – Capitaine R… nous parle de celui
qui vient de succomber à Gérardmer où l’ on a eu le temps de la
transporter. Le docteur est une des belles figures du groupe. Sa voiture à
Croix Rouge est bien, avec celle du Commandant, celle qui totalise le plus de
kilomètres. Médecin et Soldat, lui aussi a le droit de dire : mes
batteries, mes garçons…
Nous
ne feron dans les Vosges qu’ une escale brève.
L’
ordre de départ est reçu le 17 janvier. En appui de la 4e D.M.M.,
le groupe, dont les éléments lourds rassemblés à Gérardmer, prendront la
route dans l’ après – midi, devra être en place à 20 heures à Steinheim
en Alsace, après une étape de 150 kilomètres, par Belfort, Lure, Luxeuil et
Remiremont.
Nous
allons traverser l’ Alsace à plein moteur.
L’
ALSACE
Le
groupement n° 3 auquel est rattaché le II/R.A.C.-A.O.F. va jouer son rôle
dans l’ action d’ensemble, au profit de la 4e D.M.M. dont la
mission est de rompre le dispositif ennemi sur l’ axe Thann-Defultz, de
prendre Vieux-Thann et cernay, et en liaison étroite avec la 2e D.M.
II de poursuivre l’ effort de rupture sur l’ axe Uffholtz – Reguisheim,
avec l’ aide des blindés de la 1re D.B. franchissant la Thur à
l’ est de Cernay.
Avec
le I/65 et le II/61, le II/R.A.C.-A.O.F. appuira le groupe de commandos pour une
préparation d’ avant l’ attaque. L’ ETAT-MAJOR du Groupe cantonné à
Lauw. Les batteries sont de part et d’ autre du pont de la Doller, en bordure
nord au sud de Vieux-Thann.
Le
20 janvier, le groupe, en préparation de l’ attaque sur les pentes ouest de
l’ Anselkopf, tire deux mille coups de canons de 7h 25 à 11h 20 avec comme
objectifs principaux : Backerhof, sa route et son tournant, la tête de la
vallée de Steinbach, et les pentes sud du Wolskopf.
L’infanterie
poursuit son attaque et dans la journée du 21, après les harcèlements qui
tiennes nos gars alertés toute la nuit, le groupe met en place et consomme 800
coups en neutralisation.
Sa
mission dans ce secteur est terminée ; et rattaché à la 2e
D.M.I., il va disposer ses batteries à la sortie de Galfingue, tire 300 coups
en harcèlement dans la journée de 23, 600 le lendemain en destruction et 700
le surlendemain en concentration sur la cité Langezug et Wittelsheim. La
position de groupe reconnue primitivement à la cité Esle étant jugée par le
commandement trop avancée, le Chef d’ Escadron fait occuper le 25 par la 4
une nouvelle zone au nord de Heimsbrun, les 2 autres devant faire mouvement le
26.
Pour
nous, du soutien lourd, cette campagne d’ Alsace va être la course au nœud
de forces, l’ appui brutal, le garde, et la poursuite sans répit, tracteurs
bourrés jusqu’ à surcharge, et dans l’ impérative mise en demeure d’ être
prêts, à tirer ailleurs et tout de suite à l’ obus qui attaque et de n’
accrocher qu’ au dernier moment pour tirer ici, encore à obus qui harcèlent.
On monte le vérin, on tire, on débèche, on charge, on roule, on décharge…
il n’ est plus question de pare-éclats ni de protection. On s’ attèle, on
tire à pleine épaules.
Un
coup de fouet… le Commandant. Il mène le groupe depuis notre départ des
Alpes et le conduira jusqu’ en Autriche. Il a choisi sa formule de discipline
stricte, et le geste. Il s’ y tient. S’ il casse, c’ est sans bavure,
nettement. Devant, il tire en flèche. Ca suit…
On
dit que la boue ne se mange pas. On en mangeait…. C’ était boue, à
Richwiller, à Pulversheim, à Meyenheim, à Hirtzfelden… boue absolument.
Mais c’ est elle qui avalait les canons.
Ah….
Le dégel à heimsbrunn. S’ il découvrait les champs de mines, des prés et
des vignes où les macks avaient passé comme entre des quilles sur la nappe
blanche, à la mise en batterie, ils faisaient penser à la sortie. Quand… ?
L’ ordre venait peut être d’ arriver de se porter en avant. Les trous
individuels se remplissaient comme des baignoires. La vase montait dans la
maigre paille non battue, sous la guitoune. Q’ importe… ; Les nuits de
harcèlement se passent à se désembourber de la fosse de recul qui s’ ouvre
d’ elle même, jusqu’aux flèches.
Le
28, le groupe tire un millier de coups sur la Thur et Wittelsheim. Allons-nous
nous enliser là, malgré les chemins de rondins et de fascines ?
Le
3 février, concentration de 300 coups, et dans l’ après-midi les batteries
foncent sur Richwiller et se mettent en position sur la lisière nord du
village, et à l’ aube : dispositions de route. Pour faire des chemins,
on a abattu des clôtures, des arbres, on a bourré de pierres un sol qui
engloutit tout, et à la 4 , les macks s’ embourbent attelés au mack
embourbé qui pensait pouvoir seul désembourber, première pièce.
D’ autres unités feront appel aux chenilles qui devraient bien être
amphibies.
La
nouvelle position est dans un pré bordé d’ un rideau de forêt claire. C
‘est Pulversheim d’ où nous tirons sur les carrefours de Reguisheiem,
Ensisheim, et la lisière sud du bois à 1 kilomètre de Mayenheim… où nous
serons demain.
Les
hommes entre deux harcèlements passent la nuit à abattre le bois et entassent
les branches, de la route à chaque pièce, de chaque tracteur à la route. On
sort de batterie, on fonce et à Mayenheim la 5 et la 6 à l’ouest du village,
pour chercher le dur, montent sur la voie ferrée, tandis que la 4, à la sortie
nord, ne descend que prudemment sur les bas-côtés de la route.
L’
ennemi s’ est jeté au Rhin. Ses dernières batteries attelées de chevaux de
charrue, poussent devant lui des troupeaux de vaches auxquels il n’ aura pas
le temps de faire passer le fleuve ;
Arrivé
le 7 dans l’ après-midi à Mayenheim, le 8 à 21 heures, le groupe tirait son
premier coup de canon en Allemagne d’ une nouvelle position étalée entre
route et bois, aux environs de Hirtzfelden. Le 9, la 4 décolle et fait un bon
en avant en forêt, au nord des anciennes usines de Blodelsheim sur lesquelles
les batteries de la forêt noire déclencheront de violents harcèlements à la
tombée de la nuit. Le groupe est sous tente, dans le bois mouillé qui s’ égoutte,
et tire en harcèlement. Sur les bas côtés du chemin, l’ ennemi qui a fui en
hâte, a abandonné d’ énormes dépôts de munitions. Quelques jours passent.
Un espoir précieux à lui. Et la nuit de veille hachée toutes les cinq minutes
par le hurlement de quatre tubes qui crachent 320 coups sur Buggingen,
Battenheim, Hugelheim, la station de Mulheim et le village, les gars ne rêvent
pas de repos qu’ on va leur donner mais de la rive enchantée, l’ autre…
des terres de l’ est et d’ une Allemagne ouverte par l’ Alsace reconquise.
Du
4 au 11 avril, les Pipers qui n’ ont jamais chômé ne sont pas descendus du
ciel . Le 10, au cours d’ une reconnaissance profonde vers Mayenheim, l’
oiseau découvre deux pièces dans une clairière près de Feldkirch. La 4 les
écrase. Le 11, malgré la D.C.A. lourde, une piste insolite lui permet de repérer
deux pièces bien camouflées au sud-est de Schlingen. La 6, par une
concentration bien en place, la pilonne.
Et
c’ est la fin de la résistance dans ce secteur. Le 13, l’ ennemi est définitivement
chassé de l’ Alsace et les troupes françaises bordent le Rhin du sud au
nord.
Nous
allons prendre un peu le temps de regarder cette province que nous avons traversée
dans la fièvre, ses champs et ses claires maisons aux charpentes peintes de
vert, de rouge, d’ ocre qui débordent des mortiers du mur. Le soleil chante
sur les guérets dont les charrues retrouvent les sillons et les payants un
patois qui s’ adoucit dans les maison qui nous accueillent. Ah… regarder des
canards marcher au pas dans une cour de ferme où on lave les macks, où on démonte
les culasses et se décrasser le cuir dans le cuveau des lessives ! Nous
savions bien pourquoi nous pouvions mêler à nos <<meats and beans>>
les éclaboussures jaillit de cette terre chargée d’ un lourd destin. Elle
porte bien le soldat. Elle en a fait. Elle se souvient. Et un vieux qui a dû
servir des canons allemands est à la gueule de nos tubes. Pas d’ encuivrage
aux rayures de la bouche… Bien sûr qu’ il sait, ce vieux, et qu’ il a déjà
soupesé ce matériel, en livres. Et nos gars de se sentir
<<double-muscle>>. Ils ne se souviennent plus que, tout à l’
heure sur la route au carrefour de Fessenheim, ils ont eu la route coupée
devant les macks par une batterie qui interdit le passage. Le caoutchouc aussi
est bon. On a sorti des pneus de beaux éclats.
Sue
les journaux de marches de chaque batterie, pendant quelques jours on peut lire :
R.A.S. Il faut savoir traduire (entretien de matériel) . Tandis que la 4, d’
abord en instruction de peloton à Mulhouse se rendra au Valdahon pour les écoles
à feu d’ instruction de cadres d’ une promotion de polytechniciens, la 5
tient position au sud de la Maison forestière, et la 6 à l’ ancienne
fabrique, près de Sausheim, avant d’ être mise à la disposition du I/65
R.A.A. Le groupe est complété en remplacement par la 1re batterie
du I/65, en position au nord de carrefour de Grunhutte.
Le
2 mars, la 5 tire en destruction sur un train arrêté ; Le 10, la 6e
batterie que la 4 relèvera en quittant Valdahon, tire à vue sur des
travailleurs ennemi depuis Blotzheim où elle est violemment prise à partie par
les batteries allemandes. Le 20 février, la 5 reçoit l’ ordre de détruire
au pont de Chalampé, une tour qui sert de refuge à des armes automatiques. Le
tir de 150 coups est observé à 200 mètres de l’ objectif. La tour est détruite.
La
nécessité de faire réviser le matériel est impérative. Une à une les
batterie passent par les ateliers de Belfort.