| LA 9ème DIVISION
D' INFANTERIE COLONIALE

Insigne de manche
Cette grande unité
fut l'une des plus belles parmi celles qui inscrivirent dans nos
livres d'histoire les pages glorieuses de la Deuxième Guerre
mondiale. Commandée successivement par des chefs énergiques et
humains, les généraux Blaizot, Magnan, Morlière et Valluy, elle
était essentiellement de formation coloniale. Et ce fut un véritable
tour de force d'y substituer, une fois en France, des éléments
divers, jeunes volontaires des F.F.I., venus des quatre coins du
pays.
15 juillet 1943 :
création de la 9e Division d’Infanterie Coloniale
Composition:
* 4e Régiment de Tirailleurs Sénégalais
* 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais
* 13e Régiment de Tirailleurs Sénégalais
* Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc
* Régiment colonial de chars de combats
* 71e bataillon de
génie
* 2e régiment
artillerie coloniale d'Afrique occidentale (2e RAC-AOF)
À ces unités s'ajoutaient un groupe des Forces Terrestres
Antiaériennes, le Génie et le Train Divisionnaire, les services de
l'Intendance et de la Santé, enfin les Transmissions.
1944
17 - 20 juin : Transportée en Corse, la Division, sous les ordres du
Général Magnan, s'empare en quatre jours de l'Ile d'Elbe.
16 - 17 août : Elle s'embarque à Ajaccio , arrive en vue des côtes
de France et commence à débarquer le même jour dans la baie de
Cavalaire.
20 août : Les premiers éléments mis à terre, ceux du 6e R.T.S. et du
R.I.C.M. renforcés par un groupe de Commandos et un groupement de
chars, s'engagent en direction de Toulon.
21 août : Solliès-Ville, le Coudon et la Farlède sont occupés.
22 – 23 août : La bataille se poursuit avec violence pour la
possession de La Valette où l'ennemi, solidement retranché, oppose
une résistance opiniâtre. La Valette est cependant prise le
lendemain et des éléments du R.I.C.M. poussent sur Toulon.
24 - 27 août : La ville de Toulon est attaquée à l'Est par le
Groupement du 6e R.T.S. et les chars. Le fort d'Artigues fait
l'objet d'une âpre lutte. L'artillerie s'approche à quelques
centaines de mètres du fort et ouvre des brèches si importantes
qu'elles précipitent la reddition. Au Nord et à l'Ouest, le 4e
R.T.S., après avoir relevé les unités de la 3e D.I.A., attaque à son
tour par le quartier Valbourdain et les Arènes. C'est dans les forts
que la défense s'incruste. Ceux de Sainte-Catherine et de Lamague
tombent les premiers, le 25 août. À ce dernier fort, après un
pilonnage sévère de l'artillerie divisionnaire, le 3e bataillon du
4e R.T.S. put faire plusieurs centaines de prisonniers sans essuyer
de pertes. Le fort de Malbousquet cède le 26 , après une défense
acharnée. Des combats de rue livrent peu à peu l' Arsenal et le
centre de la ville. Les résistances doivent être réduites une à une
à La Mitre dans le quartier du Mourillon, et à Saint-Mandrier. Le 26
août, les points d'appui de la Mitre, le fort de Six-Fours et les
ouvrages de la presqu'île de Sicie se rendent successivement. Le
lendemain, c'est le tour de la presqu'île de Saint-Mandrier, qui
tombe écrasée par les feux puissants de l'artillerie divisionnaire
renforcée par une groupement lourd américain, par les "bombings" et
les tirs des vaisseaux de guerre. Sa chute achève la conquête de
Toulon. La veille, la Division défilait en pleine ville, en présence
des Ministres de la Guerre et de la Marine et du Général d'Armée de
Lattre de Tassigny, commandant l'Armée Française.
Au cours de ces premières opérations sur le sol de France, dix mille
prisonniers et un matériel important sont capturés par la Division.
Le nombre des ennemis tués dépasse un millier.
Septembre
A peine regroupée, la Division reprend sa marche en avant. Un
premier bond la porte dans la région de Voiron. Elle doit continuer
vers Pontarlier et le Lomont, mais les mouvements sont retardés,
parfois même arrêtés par le manque d'essence. Les unités les plus
avancées du R.I.C.M., auquel est venu se joindre le Régiment
Colonial de Chasseurs de Chars, ont déjà repris le contact de
l'ennemi dans le Doubs. C'est seulement le 25 et le 26 septembre que
les derniers éléments rejoignent le gros dans la boucle du Doubs où
le manque d'essence et de munitions avait empêché de forcer la
résistance de l'ennemi.
La situation se stabilise. Le 27 septembre, la Division étend son
front et prend à son compte le secteur tenu à sa droite par la 3e
D.I.A jusqu'à la frontière suisse. Elle est renforcée par deux
bataillons de F.F.I.,le bataillon de la Grande-Chartreuse, remplacée
plus tard par le bataillon de Franche-Comté et le bataillon de
Cluny.
La vie de la Division devient alors celle d'une grande unité en
secteur: opérations locales, actions de patrouilles, duels
d'artillerie, tirs de harcèlement de part et d'autre. La saison
s'avance. Le froid et la pluie rendent inéluctable le remplacement
des Sénégalais. Or, la relève et la mise en réserve d'une grande
unité, qu'exigerait normalement cette transformation, est un luxe
que l'Armée Française ne peut se permettre. C'est donc sur place que
la Division se transformera, se "blanchira", en incorporant des
engagés volontaires attirés par le renom des troupes coloniales. Et
c'est avec ces jeunes engagés dépourvus d'instruction militaire que
la 9e D.I.C. va poursuivre la campagne. L'instruction, il faudra la
donner en ligne, au gré des circonstances et de la vie en secteur.
La volonté des recrues et la valeur des cadres suppléeront aux
insuffisances. Les 6e, 21e, et 23e Régiments d'Infanterie Coloniale
prennent donc la suite des 6e, 4e et 13e Régiments de Tirailleurs
Sénégalais, avec les numéros que leurs aînés de la "Coloniale"
illustrèrent de 1914 à 1918.
Cependant l'hiver ne doit pas arrêter l’action : il faut appuyer
l'offensive que les Alliés poursuivent sur tout le front. Dès les
premiers jours de novembre, l'action se dessine. Les Vosges, ayant
opposé leur barrière difficilement franchissable à l'avance de
l'armée française, c'est par la trouée de Belfort que celle-ci
cherchera la percée.
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