JMO du 2° Régiment de Spahis Algériens.
1 août 1944 : le 2° RSAR - moins un escadron (le 2°) laissé à ST LEU aux ordres du Chef d’Escadrons de CHABOT - est stationné à proximité d’ORAN où se font les opérations de « waterproofing » avant l’embarquement.
Ordre de Bataille (effectifs embarqués au 9 août 1944) :
Chef de Corps du 2° RSAR : LCL LECOQ
CDT COURTOIS : Chef d’Escadrons chargé des trains
CNE OSTER (1° Esc.), CNE DE BAULNY (3° Esc.), CNE BAUDOUIN (4° Esc.)
2° Escadron (à ST LEU) : CNE RONOT (CDU), LTN BONNAFONT (OA)
1° Peloton : SLT DEMERSON
2° Peloton : SLT PANEL
3° Peloton : LTN DUCOS
Peloton échelon : ADC JAOUEN
10 août : départ d’ORAN à 15h50. 19h50 : les plis secrets sont ouverts.
16 août : le 4° Escadron débarque le premier près de la NARTELLE (Nord de ST TROPEZ) dans la matinée.
17 août : les derniers éléments arrivent le soir à Grimaud.
19 août : 2 heures du matin, le Spahi MEYER (1° Esc.), de garde, est blessé par balle à la cuisse.
20 août : premiers contacts sérieux sur le BEAUSSET. Le 2° Escadron embarque son matériel sur deux Liberty Ship et font partie d’un convoi qui quitte ORAN à 18 heures.
26 août : le 2° Escadron embarque sur Thuroton à 8 heures à MERS-EL-KEBIR et partira le lendemain à 10 heures. Le matériel du 2° Escadron débarque à ST RAPHAEL.
30 août : débarquement du personnel du 2° Escadron à CAVALAIRE et se regroupe à la CROIX VALMER sur la route de ST RAPHAEL.
31 août : les véhicules du 2° Escadron rejoignent la CROIX VALMER
1er septembre 1944 : le 2° Escadron se porte à Aix-en-Provence par STE MAXIME, FREJUS, BRIGNOLLES et TRETS.
2 septembre : le Général de MONTSABERT (2° C.A, auquel est rattachée la 1ère D.B) veut prendre LYON le 3 septembre.
Le 2° Escadron se porte à BAGNOLS par CAVAILLON, AVIGNON.
3 septembre : le 2° Escadron fait mouvement sur ANDANCE par la Vallée du Rhône.
7 septembre : le 2° Escadron a rejoint le 2° RSAR. Mission du régiment : reconnaître DIJON.
L’escadron RONOT, relevé à ST LEGER, se porte à CHAGNY, puis à 9h10 est orienté sur LABORDE. Début d’après-midi, la situation s’aggrave à ST LEGER où l’ennemi réagirait violemment avec des chars. L’escadron RONOT est dérouté. En fin de journée, le contact est serré à MEURSAULT et au Sud de BEAUNE que l’ennemi semble tenir très solidement. Le 2° Escadron reste à MERCUREY.
Le Peloton PANEL fait 17 prisonniers au sud de ST LEGER. Le 2 relève le 3° Escadron à NUITS ST GEORGES. 15h45 : le sud de NUITS ST GEORGES serait fortement tenu.
9 septembre : le 2° Escadron mène un dur combat devant NUITS ST GEORGES et fait 60 prisonniers au cours de la nuit. Le Peloton PANEL perd une moto et une AM (dont l’équipage disparaît) incendiée par un 88.
Le Peloton DUCOS réussit à bousculer l’ennemi de VOSNE ROMANET, se barricade et fait 8 prisonniers.
Le Peloton DEMERSON perd une AM et une Jeep dont les équipages disparaissent. On espère que les équipages des véhicules perdus pourront rejoindre au cours de la nuit.
A 10h30, le 2° Escadron est au contact serré devant NUITS ST GEORGES. En fin d’après-midi, la situation du 2° Escadron sans infanterie est difficile. Toute tentative d’abordage de NUITS est accueillie à coups de canon. A l’ouest, l’infanterie ennemie tente de s’infiltrer. L’escadron est à bout d’essence.
A 21h30, un des équipages et le motocycliste disparus du peloton PANEL rentrent avec 2 blessés légers (Spahis MENDOUCI et GARCIA).
10 septembre : NUITS ST GEORGES a été évacué par l’ennemi durant la nuit. Le 2° Escadron est regroupé à partir de 11h40 à VOSNE ROMANET auprès du peloton DUCOS qui y a passé la nuit en surveillance. A 15 heures, l’escadron se dirige sur CITEAUX.
11 septembre : le 2° Escadron est orienté sur IS sur TILLE. A midi il est à ARC sur TILLE. La progression est gênée par les nombreuses destructions. DIJON est libéré. Le 2 envoie des reconnaissances sur RECEY et LONGEAU.
12 septembre : RECEY et LONGEAU qui ont été « tâtés » au cours de la nuit par des patrouilles légères ennemies sont atteints et renforcés sans difficultés.
A 11h40, le Peloton PANEL est au contact à la sortie nord de LONGEAU.
LTN GRANDCLAUDE prend la place du LTN BONNAFONT (OA 2° Escadron).
13 septembre : à 11 heures, le 2° Escadron en place à RECEY a reconnu MONTIGNY vide d’ennemis, mais la route est barricadée entre LENGLAY et LOUESMES.
Le CNE BAUDOUIN, commandant le 4° Escadron, est tué.
14 septembre : le 2° Escadron se porte sur l’axe HUMES - CHAUMONT.
1er Peloton sur l’axe
2° Peloton sur BEAUCHEMIN - ROLAMPONT - VILLERS/SAONE carrefour 2 km Sud de CHAUMONT
3° Peloton sur l’axe ROLAMPONT - FOULA - CHAUMONT
L’escadron se regroupe ensuite à CHAMARANDE.
24 septembre : 10 heures, Grand’ Messe à la mémoire des officiers, sous-officiers et spahis du régiment morts pour la France.
29 septembre : le Régiment se déplace dans la région de BOURBONNE dans la région de VESOUL.
PERTES DU 15 AOUT AU 30 SEPTEMBRE 1944 : 7/8/42
1er octobre 1944 : à l’issue de la messe dominicale, le Général de MONTSABERT préside à la remise de 110 Croix de Guerre.
9 octobre : les escadrons sont alertés à 11 heures et doivent se tenir prêts à partir. Le 2° RSAR devra se porter dans la région de REMIREMONT.
10 octobre : le 2° Escadron, installé au carrefour 500 m au nord de VAGNEY et au carrefour de CREMANVILLERS, doit éclairer en direction Nord nord-est de ce village.
Au cours de l’après-midi, l’Escadron RONOT pousse d’une part sur le THEATRE (Peloton DUCOS) - carrefours et maisons sont tenus par l’ennemi au lieu des Américains qui se sont contentés d’établir un bouchon de route dans les bois à 300 m à l’Ouest - d’autre part sur SAPOIS, où il trouve les Américains au contact de l’ennemi dans le village, coupé en deux par un pont sauté.
Fin de journée : le 2° Escadron au contact à SAPOIS et au carrefour le THEATRE, violemment bombardé par l’ennemi.
11 octobre : le 2° Escadron rend compte à 7h30 que SAPOIS est libéré. La manœuvre par GERBAMONT est en cours.
Le Peloton PANEL approche du carrefour de la JOIE. Six prisonniers et un canon de 75 pris à l’est du THEATRE.
10h30 : ROCHESSON est solidement occupé par l’ennemi.
Fin de journée : le 2° Escadron renforcé de deux sections de FFI assurera l’intégrité de SAPOIS.
12 octobre : le 2° Escadron et un détachement du 2° Dragons aux ordres du CNE BIGOT va nettoyer la zone GERBAMONT - PENTEGOUTTE.
Le Peloton DUCOS démarre à 12h15, lorsque le Peloton DEMERSON signale CENS LA VILLE libre. Vers 14h30, le LTN DUCOS reconnaît PENTEGOUTTE et ses abords, vide d’ennemis.
13 octobre : dans la nuit, les pelotons DEMERSON et PANEL sont soumis à un violent bombardement. Vers 13h, le Peloton DEMERSON organise un coup de main dans la région de la scierie de SAPOIS. Une réaction d’artillerie ennemie contraint le détachement à se replier à 100 mètres du pont de SAPOIS. 4 tués, 2 blessés.
14 octobre : 1 tué, 9 blessés au 2° Escadron.
17 octobre : le 2° Escadron a poussé au nord de CENS LA VILLE. Le peloton DUCOS est alors violemment pris à partie par des mortiers et des armes automatiques.
19 octobre : le 2° Escadron en ligne devant SAPOIS - Vallée de MENAURUPT.
20octobre : 3 déserteurs et 2 soldats allemands d’origine alsacienne se rendent.
22 octobre : le CNE RONOT rend compte qu’il a commandé une patrouille appuyée par 2 Sherman pour récupérer l’AM embourbée le 14 au nord de Pont Leve. Violemment prise à partie par des tirs directs d’artillerie, la patrouille a du rentrer, perdant le Brigadier FOURNIER et les Spahis LETTRE et LAVILLE. Un chef de char a été grièvement blessé.
23 octobre : il serait nécessaire de relever des unités très nerveuses comme le 1/51 ou en très mauvais état physique. Les poux ont fait leur apparition ainsi que la gale au bataillon MARC.
25 octobre : dans la matinée, mademoiselle PERRIN a pu donner des renseignements intéressants sur l’occupation par les Allemands de la ferme où elle habite. Plus tard, elle guidera un tir de M8 exécuté sur sa propre maison.
26 octobre : les Américains auraient progressé jusqu’à 3 km au nord de ST-DIE.
28 octobre : calme du au brouillard (…) Un camion du 2°Escadron est détruit à SAPOIS au cours d’un harcèlement.
Vers 20h00, le MDL GANGLOFF, du 2° Escadron, est blessé accidentellement.
31 octobre : vers MENAURUPT, le 2° Escadron est arrêté par des mines à CENS LA VILLE où il est pris à partie par l’artillerie.
PERTES DU 1erAU 31 OCTOBRE 1944 : 2/5/32
4 novembre 1944 : de nombreuses mines et pièges sont détectés par le Génie dans la région Nord-est du HAUT DU TOT.
5 novembre : nuit et matinée calmes. La pluie tombe sans arrêt depuis plusieurs jours.
L’Escadron RONOT est dirigé sur VAGNEY en cantonnement de repos.
6 novembre : l’Escadron RONOT est envoyé au repos vers 16 heures à ST ETIENNE LES REMIREMONT.
11 novembre : une cérémonie en l’honneur des morts a lieu à REMIREMONT. L’étendard du 2° RSAR, le CDT COURTOIS ainsi qu’une délégation du 2° Escadron y assistent.
12 novembre : il neige abondamment.
14 novembre : à 14 heures, le 2° Escadron est poussé dans la région de JULIENRUPT.
15 novembre : le 2° Escadron se porte sur le THOLY. Le pont sud de la FORGE étant sauté, il doit chercher un itinéraire au Nord de la route la FORGE - le THOLY dans plus de 20 cm de neige. La progression est lente en raison des nombreuses mines et abatis.
A 12h15, les premiers éléments pénètrent dans la partie Ouest du THOLY. Aucune réaction ennemie. Le village est fouillé par des patrouilles à pied. Vers la fromagerie, la même mine tue le MDL JOANNET et blesse le LTN DUCOS (49 éclats).
A 14h25, le THOLY est entièrement traversé. Le Peloton PANEL pousse sur PRECHAMP.
A 16h30, la liaison avec les unités américaines a été prise au carrefour de PRECHAMP par le 2° Escadron.
16 novembre : à 8 heures, le CNE RONOT rend compte qu’il est soumis à PRECHAMP à des tirs d’artillerie et de mortiers. Le 2° Escadron poursuit sa progression à pied malgré ces tirs. Le Brigadier-chef de QUATREBARBES est blessé mortellement dans sa tourelle. Un brigadier est tué à côté de lui.
A 15 heures, la situation s’est éclaircie au THOLY. Le pont est du village est en cours de rétablissement par le Génie.
17 novembre : nuit calme sauf quelques tirs de harcèlement sur l’Escadron RONOT. Le rétablissement du pont est du THOLY s’est avéré impossible avec les seuls moyens du groupement.
Une patrouille blindée de l’Escadron RONOT ne peut déboucher vers GERARDMER en raison du pont toujours impraticable. Elle emprunte un itinéraire parle Sud de PRECHAMP et atteint malgré les mines et les nombreux abatis le carrefour du BEILLAND vers 18 heures. La nuit tombe. Elle doit stopper sur place en raison des mines de plus en plus nombreuses qu’elle rencontre.
A 22 heures, les Américains viennent d’atteindre LIEZEY.
18 novembre : à 7h30, le Colonel va au THOLY pour activer la progression des éléments de l’escadron RONOT sur les basses du BEILLARD.
Il s’agit, pour des raisons de prestige, d’arriver avant les américains à GERARDMER.
Regagnant le PC RONOT, le Colonel y donne deux ordres verbaux :
a) pousser immédiatement une patrouille à pied au minimum jusqu’aux lisières Ouest de GERARDMER ; y prendre si possible la liaison avec les habitants et, en tous cas, rapporter la pancarte indicatrice de l’entrée de la ville.
b) Etre prêts à pousser aussi rapidement que possible sur GERARDMER le 19 au matin.
Le groupement sera articulé en deux détachements :
_ CNE OSTER au Nord du lac
_ CNE RONOT au Sud du lac
19 novembre : Le détachement RONOT débouche à 7 heures et parvient rapidement, après un déminage sommaire aux abords Ouest du lac de GERARDMER.
Le Génie renonce à déblayer l’axe Nord et porte tous ses moyens sur le chemin Sud du lac. Celui-ci est également encombré d’abattis, de mines et de pièges, moins denses toutefois qu’au Nord.
Vers 9 heures, une patrouille à pied (MDL PATE) du 2ème Escadron, rentre de GERARDMER, rapportant le poteau indicateur de l’entrée de la ville. Aucun américain n’y a pénétré. Les habitants signalent que la ville est libre depuis la fin de la soirée du 18 novembre.
20 novembre : L’Escadron RONOT est arrêté à 1 km à l’Est de GERARDMER, à hauteur de la CORCENEE sur l’axe de LONGEMER par des mines et des abattis. Il reçoit l’ordre de chercher par le sud un chemin vers RETOURNEMER.
En fin de matinée, tous les itinéraires sont reconnus mais minés et obstrués. Une patrouille à pied à néanmoins pu pousser jusqu’à LE BOUXERANT.
Le Sous-lieutenant BREUIL arrive au 2° Escadron pour y remplacer le LTN DUCOS, blessé le 15 novembre.
24 novembre : le Génie désamorce et enlève une douzaine de bombes d’avion piégées à retardement et disposées dans les caves des maisons encore intactes à GERARDMER.
PERTES DU 1erAU 30 NOVEMBRE 1944 : 2/8/28
5 décembre : le 2ème Escadron met 4 mortiers de 60 à la disposition du sous-groupement LAGERDE, pour l’aider à garder le HONNECK qu’il a pu occuper par surprise.
6 décembre : le Colonel alerte le 2ème Escadron et lui donne l’ordre de se porter au lever du jour à FRAIZE avec pour mission de pousser un peloton sur le RUDLIN. Ce dernier arrive au RUDLIN à 11h30, après avoir rencontré de grosses difficultés de terrain (ponts coupés aux environs de FRAIZE).
7 décembre : une patrouille à pied du 2° Escadron partie de RUDLIN arrive à proximité immédiate du Col de LOUCHBACH où elle prend le contact de l’ennemi, petits blockhaus, armes automatiques.
8 décembre : tirs de harcèlement sur le RUDLIN - 2 blessés au 2° Escadron.
9 décembre : une patrouille à pied du 2° Escadron est de nouveau envoyée au col de LOUCHBACH (1 mètre de neige), toujours tenu fortement par l’ennemi.
10 décembre : le Général GUILLAUME Commandant la 3° DIA donne l’ordre de pousser immédiatement sur le Col du BONHOMME.
En conséquence, le Colonel envoie un peloton du 2° Escadron en direction du Col du BONHOMME par FRAIZE et le reste de cet escadron en direction du Col de LOUCHBACH pour effectuer une diversion pendant que le 4° Escadron envoie une patrouille du VALTIN sur le RUDLIN.
Le peloton du 2° Escadron arrive à proximité du Col du BONHOMME à 18 heures et provoque une réaction d’automoteurs ennemis. Un autre peloton du 2° Escadron tombe sur la même résistance au Col de LOUCHBACH. Le sous-lieutenant BREUIL et 1 homme sont blessés.
11 décembre : le 2° Escadron continue son action en direction du Col du BONHOMME mais est arrêté rapidement par des abattis et une violente réaction ennemie de mortiers et d’armes automatiques. Un blessé en fin d’après-midi.
12 décembre : le 2° Escadron disposant d’une section du 17ème Génie et d’une compagnie reprend sa progression en direction du Col du BONHOMME par la piste de BARANCON. A 10h20 le peloton de tête arrive à proximité du col où la réaction ennemie se fait sentir brutalement. Le peloton PANEL mettant son M8 en tête, neutralise les défenses rapprochées du col et parvient à 13h30 à s’en emparer. La riposte de l’artillerie ennemie ne se fait pas attendre : 3 tués, 4 blessés.
Le 2° Escadron fait une quinzaine de prisonniers. La liaison avec le 3° RSAR se fera en fin de soirée.
13 décembre : l’Escadron RONOT renforcé d’une compagnie assure l’occupation du Col du BONHOMME et de la côte 894 vers le village du BONHOMME. Les patrouilles enlèvent de nombreux abattis et font 3 prisonniers. Un spahi est tué.
14 décembre : le détachement RONOT a sa marche toujours entravée par les abattis sous lesquels il trouve de nouvelles mines indétectables. Plusieurs cas de pieds gelés. Les éléments FFI sont complètement épuisés.
16 décembre : La résistance ennemie du Col de LOUCHBACH semble céder. Le détachement RONOT parvient en 894.
17 décembre : après un engagement léger, le détachement RONOT parvient au Col du LOUCHBACH à 14h30. Il doit continuer sa progression au Sud du col.
18 décembre : le détachement RONOT progresse difficilement en direction de la côte 1063
20 décembre : le détachement RONOT pousse des éléments à pied sur 1063, arrive à proximité du GAZON MARTIN et est encore arrêté par mines, abattis et armes automatiques. Il fait 9 prisonniers.
21 décembre : le détachement RONOT arrive à 100 m SO de GAZON MARTIN où un char glisse et d’échenillé. Il parvient à pousser quelques hommes à GAZON MARTIN mais ne peut s’y maintenir par suite des réactions ennemies (1 tué, 2 blessés FFI).
22 décembre : à 9h45 le Général CATROUX et le Général de MONTSABERT viennent au Col du BONHOMME féliciter les hommes du Régiment. Le 3° Escadron va remplacer le 2° Escadron dans la région du Col de LOUCHBACH. Le 2° Escadron se porte à RETOURNEMER pour y prendre la place du 3°. Froid intense : moins 25°
25 décembre : le Général de GAULLE accompagné du Général de LATTRE s’arrête au Col du BONHOMME.
TUES ET BLESSES MORTS A L’HOPITAL EN DECEMBRE : 6/8/47
1er janvier 1945 : le régiment est relevé par le 3° RSAR. Le 2° Escadron se porte à GERARDMER.
4 janvier : le 2° Escadron fait mouvement sur FRAPELLES
6 janvier : le régiment se porte dans la région d’HERICOURT. Le 2° Escadron est à CHAMPEY.
10 janvier : le sous-lieutenant CHARAUNEAU est affecté au 2° Escadron.
11 - 18 janvier : RAS
19 janvier : une prise d’armes a lieu à COISEVEAUX pour remettre la Légion d’Honneur au LTN LAINE encore hospitalisé à Besançon.
Le Colonel a ordre d’envoyer 1 escadron d’AM à VECOUX se mettre aux ordres du Général BAILLOTTE commandant la 10° DI.
20 janvier : l’escadron de marche aux ordres du CNE de BAULNY (2 pelotons du 3° Escadron et 1 peloton du 2° Escadron) se porte au début de l’après-midi sur ST-AME.
26 janvier : 2° Escadron arrive à DOLLEREN à 21 heures.
TUES EN JANVIER 1945 : NEANT
BLESSES 0/0/3
3 février : le 2° Escadron est porté au SYNDICAT, le 4° à LA BRESSE.
11 février : le 2° Escadron se porte à CHAMPEY.
14 mars : le régiment fait mouvement sur DAMBACH à partir de 10 h. Le 2° Escadron cantonne à NOTRALTEN.
20 mars : Le Régiment est mis à la disposition de la 9° DIC.
21 mars : 5h30 mouvement du 2° RSAR (moins le 3° Escadron qui reste à la disposition du Colonel LECOQ à l’école des cadres de Rouffach) vers le secteur limité au Nord par DRUSENHEIM et au Sud par OFFENDORF. 2° Escadron à OFFENDORF (nord Strasbourg)
Le détachement RONOT (2° Escadron et une section d’infanterie du 25° RIC) couvrira la rocade DRUSHEIM - GAMBSHEIM.
2 avril : le 2° Escadron, cantonné à FRIMERSHEIM, gagne le pont de MANNHEIM et arrive en fin de soirée à NEULUSSHEIM.
7 avril : un peloton d’AM du 2° Escadron est envoyé au pont de SPIRE pour escorter jusqu’à KARLSRURE le Chef du Gouvernement.
14 avril : 2° Escadron se porte à ERSINGEN
ORDRE PARTICULIER n° 136
Un détachement précurseur du PC du 2* RSAR composé de l’équipage du scout-car MANGIN sous les ordres du MDL BONNET et un détachement précurseur de chacun des 1°, 2°, 3° et 4° escadrons se rendront pour midi, ce jour le 14 avril 1945, au PC JASMIN à SINGEN où ils recevront des ordres directs du Chef d’Escadrons ROLAND, en vue du cantonnement ultérieur de leurs unités respectives.
Itinéraire: BRUCHSAL - WEINGARTEN - JOHLINGEN - BERGHAUSEN - SOLLINGEN - SINGEN.
17 avril : le 2° Escadron est détaché à la 3° DIA et se rend à OTISHEIM
18 avril : Vers 8h15 le Peloton PANEL a franchi l’ENZ à MEUENBURG et se trouve à 9 heures à l’Ouest de PFORZHEIM. A 15 heures, ordre est donné au 2° Escadron de se rassembler à BUKENFELD, puis à 16h30 de se porter sur la rive droite de l’ENA et de procéder au nettoyage de PFORZHEIM située à l’Ouest de la Nagold. Le 2° Escadron bataille dur pour occuper et nettoyer les crêtes qui dominent la ville au sud et fait de nombreux prisonniers. A 21 heures, toute résistance a cessé. Le 2° Escadron se regroupe et se met en route vers HOFEN où il passe la nuit.
Au cours de toute cette opération où les escadrons ont eu une action de premier plan, l’allant et l’esprit manœuvrier à tous les échelons ont été admirables. L’effet de surprise qui a été complet, la rapidité et la hardiesse dans l’exécution ont complètement désorganisé la défense ennemie, permettant la prise de la ville et la capture d’un millier de prisonniers dont 300 au moins à l’actif des seuls escadrons qui n’ont subi aucune perte ni en hommes, ni en matériel.
19 avril : le 2° Escadron, menacé au Nord-Ouest et à l’Est par de grosses infiltrations et au Nord par un blindé se replie de 500 mètres vers le sud, après avoir tenté sans succès d’arrêter cet engin à coups de 57 et de bazookas - 2 servants de 57 sont tués et les bazookas ricochent sur le blindé.
Le 57 et un Half-track sont perdus irrémédiablement (…)
10h30 : Le colonel réunit les capitaines ; le 2° Escadron est chargé de la reconnaissance de l’axe : HERRENBERG - SCHONAICH - WAIDENBUCH, pendant que le 4° assurera face au sud la couverture de la progression du 2°.
16h00 : Le 2° Escadron se heurte à une série de mines au carrefour 1 km SO d’HILDRIZESN (1 blessé). Il reprend sa progression vers 17 h et pousse sur ALTDORF une heure plus tard.
18h30 : le peloton BREUIL du 2° Escadron tombe sur plusieurs Pantheras à la sortie est de SCHOMAICH. Le village qui semblait libre s’allume de toutes parts et pendant plus d’une heure la bataille fait rage.
Le CNE RONOT qui seul dans sa jeep était allé se rendre compte par lui-même de la situation du peloton BREUIL est tué d’un coup de bazooka.
L’ADJ LALLEMAND et 1 brigadier sont également tués par balles cependant que 2 AM, dont celle du sous-lieutenant BREUIL, 1 jeep et 2 motos sont mises hors de combat.
20h45 : une partie du village est nettoyée, on compte 75 prisonniers mais devant l’obscurité tombante, l’ensemble de l’escadron se reporte sur ALTDORF, avec le peloton BREUIL en élément retardateur au passage à niveau de HOLZGERLINGEN.
20 avril : Nuit calme. A l’aube, le 4° Escadron se porte sur WEILIM SCHONBUCH
Le 2° sur SCHAICHOF
Le 1° sur ALTDORF
Le 3° sur HILDRIZSHN
17h30 : un peloton du 2° Escadron atteint le village de PLATTENHARDT.
18h30 : au cours de la reconnaissance d’ECHTERDINGEN, l’AM du MDL PEYROUSE, du 2° Escadron, est mis en flammes par plusieurs coups de bazookas ennemis - 1 tué, 2 blessés graves.
L’ordre général n° 38 prévoit la mission suivante pour la matinée du lendemain : le 2° Escadron partant de WOLFSCHLUGEN à 7 heures, ira reconnaître OBRIENSINGEN pour en surveiller les points de passage et empêcher la destruction des ponts.
21 avril : le 2° Escadron reconnaît OBRIENSINGEN et NURTINGEN dont le pont a été miné par l’ennemi.
Le soir, les escadrons arrivent à NECKARTAILFINGEN vers 23h30 et s’y cerclent défensivement.
22 avril : Vers 16h30, le 2° RSAR arrive dans la région boisée à 7 Km Nord de ROTTWEIL, refont les pleins d’essence avant de poursuivre leur marche. 2° Escadron : MOHRINGEN (arrivé vers 21 h).
25 avril 1945 : La note d’orientation émanant du Général commandant la 5ème Division Blindée prévoit pour la journée du 25 le stationnement du 2° RSAR en deçà de la transversale OSTRACK - UBERLINGEN.
Vers 8 heures, le Colonel décide par une action de rabattement en direction du sud de se rendre maître de la ville d’UBERLINGEN.
A 16 heures, les 1°, 2° et 3° escadrons reçoivent l’ordre du colonel d’investir UBERLINGEN par le Nord et l’Ouest. Le 2° Escadron reconnaîtra les itinéraires :
OWINGEN - UBERLINGEN (route principale) et OWINGEN - BAMBERGEN (qui est tenu par un détachement SS) ainsi qu’UBERLINGEN, de façon à déborder cette localité par le Nord-est.
Situation à 8h50 : le 2° Escadron à 2 sud est d’EWING a mis en fuite quelques éléments ennemis à la côte 462.
A midi, l’autorisation étant parvenue, le Colonel décide de s’emparer d’UBERLINGEN s’il en voit la possibilité. La ville serait défendue (renseignements d’habitants) par 300 SS armés de bazookas. Il n’y aurait pas d’artillerie ni d’automoteurs. Néanmoins l’affaire ne sera montée que lorsque des renseignements plus précis auront été fournis par les Escadrons 1 et 2 sur les positions dominant la ville au Nord.
A 15h30, les 1° et 2° escadrons signalent que la résistance sur les hauteurs dominantes paraît avoir à peu près cédé. L’attaque est fixée à 16 heures.
Le Peloton DEMERSON doit reconnaître BAMBERGEN et déborder UBERLINGEN par le Nord est en liaison avec le Peloton PANEL qui marche sur la Grand route OWINGEN - UBERLINGEN (…)
L’opération d’UBERLINGEN est remarquable par le fait qu’un régiment de reconnaissance sans aucun soutien d’infanterie a pu s’emparer d’une ville défendue par des barricades et de nombreux tireurs de bazookas sans éprouver aucune perte autre que celle d’un homme blessé et faisant 280 prisonniers dont 8 officiers.
La prise de la ville est due aux renseignements obtenus (habitants et patrouilles), à la coordination des mouvements des 3° escadrons qui en venant de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-est ont empêché la défense de se cristalliser sur un seul point. (…)
A 19h30, le nettoyage de la ville est un fait accompli et le colonel commandant la garnison plus 150 hommes sont tombés entre nos mains.
Le 2° Escadron termine le nettoyage de DUSSDORF. A 21h35, il reçoit la mission de se porter dans la région N de BITTELBRONN, 7 km N - NO de RACH (près ENGEN) en vue de renforcer le dispositif du 4° Escadron et d’empêcher les éléments ennemis traversant le DANUBE, de se porter vers l’est.
26 avril : ordre est donné au 2° Escadron de faire tomber en les débordant les résistances qui l’arrêtent sur le DANUBE à HINTSCHINGEN et HAUSEN.
27 avril : le 2° Escadron se trouve prêt à agir d’ELSCHINGEN en direction de GEISINGEN.
28 avril : Retour à LIPPERSTREUTE des 2° et 4° Escadrons en fin de soirée.
29 avril : le 2° Escadron, en réserve derrière le PC, suit l’itinéraire du 4° Escadron : FRICKINGEN - DEUSTELTEN - HELLINGENBERG - ILIMENSEE - PFRUNGEN - ZUSSDORF - RINGENWEILER - RAVENSBURG. Puis, suivi du PC : BECHENRIED ; s’arrête de 10h à 15h à RINGENWEILER puis se porte sur GRUNKRAUT.
30 avril : le travail de la journée se solde par 400 prisonniers contre 1 blessé du 3° Escadron. PC du Régiment : HEIMENKIRCH.
TUES ET BLESSES MORTS A L’HOPITAL EN AVRIL 1945 : 2/9/50
1er mai : à 7h30 le 2°Escadron se rend à OBR.STAUFEN. Le CNE CASTEL prend le commandement du 2° Escadron.
5 mai : le sous-lieutenant DOBRENN est affecté au service cinématographique de l’armée.
7 mai 1945 : Les hostilités cessent à 1h00.
_____________________________________________________________________
ANNEXE : LE COL DU BONHOMME (10, 11 et 12 DECEMBRE 1944)
Peloton PANEL de l’Escadron RONOT
L’Escadron était cantonné à FRAIZE, à trois kilomètres du Col. Depuis huit jours le froid est vif et la neige tombe sans arrêt.
Le 10 dans l’après-midi, on tente une première reconnaissance du Col. Les blindés se frayent un passage à travers un chemin transformé en rivière de glace, qui grimpe entre les forêts de sapins.
A deux cents mètres du col, les voitures sont arrêtées à la sortie d’un chemin creux. On tombe à la fois sur un barrage de mines anti-personnel et des barbelés. Les mitrailleuses boches allument tout ce qui bouge. A notre droite, le 1° Escadron est accroché sérieusement. A la tombée de la nuit, ayant jugé la partie difficile, on décroche et se replie au HAUT BARANCON.
Le 11 au matin, les blindés remontent. On prend la précaution, cette fois, vu les flancs boisés que nous dominons, de nous faire protéger par deux patrouilles à pied qui nous flanquent à droite et à gauche. Nouvelle prise de contact qui dure toute la journée. Nos braves spahis, couchés dans la neige, observent, mais ne peuvent trop bouger, tant l’ennemi averti les guette.
Dans la soirée, on évacue plusieurs « pieds gelés ». Le soir, devant le danger d’un encerclement qui se précise de minute en minute on se décide, à la nuit tombante, à un décrochage à la fois délicat et difficile. L’ennemi reprend tout son mordant, et nous allume de partout. Le Brigadier PECHARD, monté sur le capot d’une AM, son fusil coupé en deux par un éclat, le Spahi MARTINEZ Raphaël est blessé à l’épaule…
Rendu nouveau au HAUT BARANCON, le Chef de Peloton demande pour le lendemain l’appui de fantassins.
Le 12, nouvel essai. Hier soir, le Colonel a parlé : « Il faut que le col soit pris. » Lentement la file de blindés remonte entre les deux files de FFI. Comme la veille, pas moyen d’apercevoir les Fritz blancs, terrés dans leurs casemates. Nos vaillants M/8, groupés dans la vallée, effectuent un tir d’artillerie, et nous rejoignent ensuite. On tire au hasard, sur les points de défense ennemie, sans grand résultat. La section de droite est arrêtée dans les forêts, à notre hauteur ; celle de gauche progresse, et dépassant sa mission, s’en va, dans un vaste mouvement tournant, aboutir au village du Bonhomme.
11 heures, le Ciel s’assombrit et, soudain, une tempête de neige s’abat. On ne voit plus à cinq mètres. Chacun se terre dans son véhicule, ou dans la neige, et guette, sur sa défensive, car l’ennemi qui nous domine, s’enhardit, et nous allume de près. Vingt minutes après, coup de théâtre. Le soleil éclaire le col ; la tempête s’arrête, avec la même soudaineté qu’elle était venue. Le Maréchal des Logis DEU de son AM a repéré, grâce à une imprudence de l’ennemi, le nid pivot de la défense adverse, et pendant cinq minutes, chars, AM et mortiers l’arrosent.
Le Capitaine nous rejoint au bon moment, et soudain, notre chef de peloton donne l’ordre de foncer sur le Col. « Chargez » - les véhicules s’ébranlent sans se soucier des barbelés et des mines. Le Pirate part en tête, protégé par le feu de Porthos II. On risque le tout pour le tout.
La défense adverse s’anime, mais déjà le char de tête est à la hauteur des casemates et tire sur elles à bout portant. Des boches, pleins de terre et de sang sortent, laissant des morts et des blessés. Encore cinquante mètres. Les « panzerfaust » sifflent et arrachent les rouleaux de couvertures fixés sur les ailes des blindés. C’est en vain, on fonce toujours. Le Capitaine, un brave, tué depuis en Allemagne, et le Chef de Peloton suivent, en courant, la voiture de tête ; les hommes les imitent.
Les mines pleuvent maintenant, et tout à l’heure, deux tomberont sur deux Jeeps, faisant des morts et des blessés. Heureusement que faute d’observation, l’ennemi tirera au hasard, et allongera son tir : nos voitures auront dépassé le terrain qu’ils battent.
On débouche sur le Col, déjà des braves ont sauté à terre et s’embusquent, car les balles sifflent encore d’un peu partout. Peu à peu la fusillade s’apaise, les boches fuient, occupent d’autres points de leur défense élastique, et les vingt cinq hommes qui se sont battus depuis trois jours, veilleront encore toute la nuit pour parer au danger d’une contre-attaque, et attendra le renfort.
La fatigue ne compte pas, l’essentiel, c’est que le Col soit pris, et une route de plus mènera des cruelles Vosges, dans la plaine d’Alsace et en Allemagne, où le peloton pourra, nous l’espérons, rester fidèle à sa devise : « Fonce ».
Je remercie, Monsieur, Jean Marie BONNET de m’avoir fait parvenir les JMO du 2° R.S.A.